2009 mars - Le blog de l'agence Leprivé - Enquête et investigation, Intelligence économique, Benchmark

Le blog de l’information stratégique
De l’enquête à l’Intelligence économique
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Investigation, Qualiting, Benchmark, Renseignement, Veille, TIC …

L’objectif de ce blog, qui n’est pas à proprement parlé un blog puisque je ne donne que très peu mon avis, est d’extraire de mes veilles web informationnelles quotidiennes, un article, un billet qui me parait intéressant et éclairant sur des sujets se rapportant directement ou indirectement à la gestion de l’information stratégique des entreprises et des particuliers.
Depuis fin 2009, je m’efforce que la forme des publications soit toujours la même ; un titre, éventuellement une image, un extrait de 10 à 15 lignes pour appréhender le sujet et l’idée, l’auteur quand il est identifiable et la source en lien hypertexte vers le texte d’origine afin de compléter la lecture.
Bonne découverte à tous …

Arnaud Pelletier

Archive pour mars 2009

L’intelligence économique se réveille

Mardi 31 mars 2009
Les métiers de l’intelligence économique se développent sous l’effet de la crise qui exacerbe la compétition mondiale. Des postes juniors apparaissent qui ne sont pas réservés aux seuls diplômés de formations spécialisées.

Une veille capitale. La guerre économique redouble d’intensité avec la crise.  » Plus que jamais, les entreprises doivent chercher de nouveaux débouchés et ont intérêt à détenir les informations avant leurs concurrents « , estime François Jeanne-Beylot, gérant de Troover, un cabinet de recherche d’informations et de veille sur Internet. D’où le regain d’intérêt actuel vis-à-vis de l’intelligence économique (IE).

Mondialisation et Internet. Apparue il y a près de 15 ans, via le rapport Martre, œuvre collective de l’ex-Commissariat au Plan (devenu aujourd’hui le CAE), cette dénomination recouvre l’ensemble des outils et méthodes de recherche et d’analyse de l’information, susceptibles d’aider les entreprises à se protéger, mais aussi à conquérir des marchés. A la différence du renseignement ou de l’espionnage industriel, ces informations sont accessibles à tous, notamment grâce à Internet.  » Le secteur de l’IE est porté à la fois par la mondialisation qui accroit la concurrence entre les entreprises et par le développement exponentiel des informations disponibles « , souligne Jean-Bernard Pinatel, président de la FEPIE*, qui regroupe une quinzaine de cabinets spécialisés en intelligence économique.

Des cellules IE dans les groupes.  » Les cycles de ruptures technologiques sont de plus en plus courts. Nous assistons à une véritable course à l’innovation dans laquelle les entreprises sont obligées de se tenir au courant de ce que font leurs concurrents « , renchérit Frédéric Leclerc, directeur pédagogique de l’EEIE**. Une prise de conscience qui profite aux jeunes diplômés : des postes juniors de  » chargé de veille  » ou de  » chargé de mission en veille économique  » font leur apparition. Aujourd’hui, de Total à EADS, en passant par Areva, L’Oréal, EDF et même Aéroports de Paris ou… La Poste, tous les grands groupes français disposent d’une cellule en IE.

Des postes en collectivité ou en cabinet. Problème : pas facile de postuler par candidature spontanée tant ces départements sont noyés dans les organigrammes.  » Les cellules en IE peuvent être intégrées aussi bien dans les directions stratégiques, que dans les directions R&D, les directions marketing, voire carrément au sein de la direction générale « , observe Jean-Bernard Pinatel. Les collectivités territoriales constituent également un débouché privilégié pour les jeunes diplômés intéressés par l’IE.  » Les préfectures de région et les CCI font presque toutes de l’intelligence économique. Quant aux Missions d’expansion économique ou aux agences régionales de développement économique, c’est leur raison d’être « , rappelle Gérard Hoffman, professeur en IE à l’ESCEM***. Enfin, les gros cabinets spécialisés, comme Geos, Serenus Conseil ou Kroll France, intègrent des consultants juniors.

Langues rares et informatique. Même s’il existe une trentaine de formations en IE, le métier n’est pas fermé aux jeunes diplômés généralistes.  » Des docteurs en chimie ou des titulaires d’un master en biologie peuvent, après avoir été formés aux outils de veille, faire de l’intelligence économique. Ce qui compte, ce n’est pas de trouver l’information, mais d’être capable de l’analyser correctement « , résume Jean-Bernard Pinatel. Une bonne maîtrise de l’informatique est, toutefois, préférable. La pratique d’une langue rare (mandarin, farci, coréen…) est également très appréciée. Autre impératif : les jeunes professionnels de l’IE ne doivent pas être trop gourmands. Selon une enquête réalisée par Troover, le salaire moyen d’un consultant en intelligence économique se situerait entre 30 000 et 35 000 euros bruts par an.

* Fédération française de l’intelligence économique
** Ecole européenne d’intelligence économique
*** Ecole supérieure de commerce et de management Tours-Poitiers

http://jd.apec.fr/MarcheEmploi/Tous-les-focus/recrutement.jsp?delia=currentArticle_ART_57280||currentTopic_TOP_1541||motherTopic_TOP_1742

Gigapan, l’oeil de Google qui vous repère dans la foule

Lundi 30 mars 2009

Gigapan est un projet développé par la NASA, le National Geographic, l’université de Pittsburgh… et Google. Il a pour but le développement d’une technologie permettant la réalisation de panoramiques haute définition à l’aide d’une tête panoramique motorisée ainsi que d’un logiciel d’assemblage. Ces panoramiques sont composés de plusieurs dizaines ou centaines de clichés pris à partir d’un appareil de photo numérique placé sur la tête robotisée. C’est cette dernière qui assure le décalage nécessaire entre chaque prise de vue.

A l’occasion du discours d’investiture de Barack Obama, le 20 janvier 2009, une photo panoramique a été réalisée grâce à cette technologie. Cette photo pèse 1.474 mégapixels, soit 295 fois la taille d’une photo produite par les capteurs de 5 mégapixels équipant la plupart des compacts numériques grand public. Mais cette photo est indiscrète. Elle utilise le même procédé que Google Earth. En effet, pointez votre souris sur n’importe quelle zone et double-cliquez à plusieurs reprises pour vous rapprocher. Le résultat est impressionnant : il est possible de visualiser chacun des supporters d’Obama ! On imagine sans peine l’intérêt de cette gigantesque résolution qui permet d’identifier chaque personne dans une foule en zoomant sur son visage. Cela fait froid dans le dos…


Renforcement des moyens de lutte contre la cybercriminalité

Vendredi 27 mars 2009

A l’occasion du 3ème forum international de Lille consacré à la cybercriminalité, le 24 mars 2009, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales, a annoncé le renforcement des moyens de lutte contre la cybercriminalité.

Elle a indiqué que différentes mesures ont été inscrites dans le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure 2 (Loppsi 2). Ces mesures prévoient le renforcement de la sanction en cas d’usurpation d’identité sur internet, le blocage des contenus à caractère pédopornographique par les fournisseurs d’accès à internet et la possibilité de captation de données numériques à distance, qui devrait permettre aux enquêteurs, par exemple, de saisir en temps réel des données au moment où elles s’affichent sur l’écran d’un pédophile ou d’un terroriste.

Par ailleurs, la ministre a également affiché la volonté du Gouvernement d’accroitre la coopération internationale, par l’adoption par le Conseil des ministres de l’Union européenne de la création d’une plateforme européenne de signalement des infractions relevées sur Internet, mais aussi par la poursuite de la coopération bilatérale, notamment avec les Etats-Unis ou la Russie.

Elle a également indiqué qu’un conseil de sécurité économique a été mis en place au sein du ministère de l’Intérieur en vue de mieux travailler ensemble à l’identification des menaces. En son sein, un groupe dédié à l’insécurité économique a la charge de faire avancer la réflexion dans ce domaine.

En outre, un Conseil national du numérique, chargé de la concertation avec les acteurs du secteur, sera créé dans le cadre du plan France numérique 2012.

En ce qui concerne la question spécifique de la protection des entreprises face à l’ingérence et l’espionnage industriel, Michèle Alliot-Marie a annoncé l’élaboration par chaque préfet de région d’un plan triennal d’intelligence économique, en lien avec les services concernés, notamment la DCRI, la soumission des entreprises du secteur de l’intelligence économique et de leurs dirigeants à une procédure d’agrément, via l’avis d’une commission consultative nationale, qui associera les professionnels et pour réduire le risque de trafics d’influence, un délai de trois ans avant que les fonctionnaires civils et militaires ayant exercé dans un service de renseignements puissent exercer des activités privées est instauré.

http://www.juridiconline.com/index.php?option=com_content&task=view&id=12457&Itemid=10

Concurrence déloyale et clause de non concurrence

Jeudi 26 mars 2009

La vie des affaires est gouvernée par un principe de liberté, celui de la libre concurrence. Chacun est ainsi libre de se lancer dans un commerce quand bien même il ne serait pas le seul sur le marché.

Toutefois, cette liberté de se constituer une clientèle n’est pas totalement absolue et trouve sa limite devant la morale et la loyauté qui encadrent également le monde des affaires.

L’action en concurrence déloyale a pour objet de sanctionner les infractions au « code d’honneur commercial ». Mais c’est avant tout une action à caractère indemnitaire qui permet à l’entreprise lésée par les agissements de son concurrent d’obtenir réparation de ses préjudices.

C’est la raison pour laquelle cette action est fondée sur l’article 1382 du Code Civil qui régit la responsabilité civile délictuelle de droit commun :

« Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer. »

Pour prospérer l’action en concurrence déloyale doit en conséquence reposer sur une faute, un préjudice, et un lien de causalité entre cette faute et ce préjudice.

La faute peut revêtir de nombreuses formes. On peut notamment citer :

- le dénigrement de l’entreprise rivale,
- sa désorganisation par le biais d’un débauchage massif de salariés,
- le non respect d’une réglementation impérative (ex. publicité mensongère, vente à pertes)
- le risque de confusion par l’imitation de produits ou de la marque du concurrent.

La liste n’est, bien entendu, pas exhaustive.

Ainsi la concurrence déloyale peut également résulter de l’embauche d’un salarié en contravention avec la clause de non-concurrence à laquelle ce dernier est tenu vis-à-vis de son employeur.

Dans un tel cas, l’employeur peut bien évidemment saisir le Conseil des Prud’hommes d’une demande d’indemnisation à l’encontre de son ex-salarié, mais également agir contre le nouvel employeur de ce dernier sur le fondement de l’action en concurrence déloyale.

Il y a en effet faute à embaucher un salarié que l’on sait tenu d’une clause de non concurrence.

Un arrêt de la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation en date du 29 janvier 2008 (n°06-18654) vient d’apporter des précisions importantes sur cette question du débauchage fautif.

En premier lieu, la Cour de Cassation indique que le seul débauchage d’un nombre important de salariés (en l’espèce trois d’un coup) du concurrent n’est pas fautif en soit. Encore faut-il que l’embauche des salariés ait bien entraîné une désorganisation de leur ancienne entreprise.

En second lieu, la Haute Juridiction précise qu’il ne peut y avoir comportement fautif à embaucher des salariés en contravention avec la clause de non concurrence de leur ancien contrat de travail, qu’à condition que cette clause ne soit pas nulle. (Cf. Clause de non concurrence :  nouvelle cause de nullité ! )

Cette solution est logique.

Dès lors que la clause de non concurrence prévue au contrat de travail est nulle, l’employeur ne peut reprocher à son ex-salarié de ne pas la respecter, et donc pas davantage à son nouvel employeur d’avoir participé à la violation d’une clause inexistante car nulle.

En l’absence de faute commise par le nouvel employeur ce dernier ne peut être condamné en paiement de dommages intérêts pour concurrence déloyale.

(Publié par Maître Pierre FERNANDEZ, Avocat à Paris)

Quels sens à la crise mondiale actuelle ? Rôle de l’Intelligence Economique.

Mardi 24 mars 2009

I. LA CRISE MONDIALE ACTUELLE EST GLOBALE ET RÉVÈLE UN DÉFICIT POLITIQUE MAJEUR

1. La crise actuelle se présente comme une crise financière très grave.

Ce n’est pas la première crise financière de la mondialisation mais aujourd’hui, les choses sont à la fois semblables et différentes. Ce sont aujourd’hui les pays occidentaux et le premier d’entre eux, les US, puis l’Europe, qui sont touchés en priorité. Et c’est le système financier lui-même qui est atteint.

2. Mais notre mondialisation n’est pas que financière, économique ou géoéconomique.

La mondialisation a comme moteur l’information et la circulation de l’information, bref elle est autant immatérielle que matérielle. Cela est fondamental. La montée en puissance de l’information a eu un effet géopolitique et géoéconomique insoupçonné et souvent peu mis en exergue. Elle a contribué à l’éparpillement des pouvoirs au niveau du monde.

3. Et pour gérer tout cela, pas grand-chose, ou trop d’acteurs.

La mondialisation a touché tous les aspects de la vie, sauf le politique. Toutes ces questions ont été traitées jusqu’à présent de manière purement technique et cloisonnée. Au niveau mondial, peu d’outils globaux et trop d’acteurs qui veulent intervenir. Les Etats, seuls possesseurs de légitimité puisqu’ils représentent les citoyens, se sont vu en partie déposséder de leur légitimité par d’autres acteurs au niveau du monde, sans que cette légitimité soit remplacée.

II. DEUXIÈME PARTIE : UN DÉFICIT POLITIQUE MAJEUR ? SON SENS PROFOND

1. Un déficit de pensée ou d’approche, facilitée par une consanguinité culturelle des décideurs.

La pensée dominante dans les cercles internationaux est devenue quasi-idéologique. Une idéologie pseudo-libérale considérée comme un dogme a permis une déviation du capitalisme qu’elle était censée défendre. Les Etats n’ont pas joué leur rôle, parce que leurs dirigeants ont privilégié une vision techniciste, qui ne peut pas faire le poids face à la pensée idéologique unique.
Les dirigeants occidentaux ont privilégié des approches quantitatives et sectorielles. Ils ont trop fait confiance aux techniciens fussent-ils de haut niveau, au détriment de la réflexion. Le sens a été perdu par l’effet conjoint de dogme idéologique et de confiance aveugle dans les modèles. Absence cruelle de jugement critique, absence même de volonté de comprendre. Les acteurs du monde des affaires sont en outre surveillés ou contrôlés par les mêmes qu’eux, par des pairs.

2. Un déficit de bonnes régulations

On dit que la crise est due à une absence de régulations, particulièrement en matière financière. Or il y en a. La vraie question est : de quelle qualité sont-elles ? Le problème des régulations internationales actuelles est que ce sont souvent des autorégulations. Ces autorégulations sont devenues un marché mondial : celui de la norme. On la produit, on la vend, on vend les formations, on audite et on la contrôle. C’est un autre aspect du problème. Elles sont la plupart du temps autojustifiées par la référence au développement durable (DD), devenu outil de gouvernance mondiale. Ces régulations favorisent une vision parcellaire et un sentiment de sécurité potentiellement dangereux. Elles manquent de légitimité.

3. Un déficit d’architecture de gouvernance mondiale

Les institutions de 1945 doivent s’élargir.

III. QUELLES DIRECTIONS POSSIBLES A CETTE CRISE ?

1. D’abord, des directions qu’il faut absolument éviter.

Il y a le « risque de la tragédie grecque » : tout le monde se met en ordre de marche, les media en premier lieu, produisant de la catastrophe avec une sorte de joie fataliste. La crise est suffisamment grave. Il faut éviter la prophétie auto-réalisatrice et privilégier l’explication calme, argumentée et raisonnée. Un vrai danger majeur est celui de l’effondrement du système financier. Et s’il n’y a pas d’effondrement, celui d’une inflation redoutable en 2010 2011 dans le monde entier. Tout cela demande un changement de direction politico-économique majeur au niveau du monde et un traitement multilatéral obligatoire.
Un autre danger économique majeur est celui du protectionnisme économique et/ou de l’isolationnisme politique. Hélas, on en constate des prémisses, et d’abord aux US, avec la clause Buy American qui figure dans le plan de relance. Il faut résister à cette fausse bonne idée. Il faut au contraire au niveau mondial tenter d’harmoniser peu à peu les normes sociales et environnementales dont la différence crée la distorsion. Ce qui n’empêche pas de mettre en place des protections sectorielles et limités sur des domaines stratégiques, comme l’ont fait depuis longtemps les États-Unis.
Le risque lié à l’attitude des pays émergents et en particulier au couple infernal Chine États-Unis est souvent évoqué. Là encore on lit des choses dramatiques qui ont souvent l’air de fasciner ceux qui les écrivent. Je ne crois pas à des guerres mondiales proches. La confiance étant primordiale, le risque à éviter est celui de l’instabilité, et la première chose à faire est de réduire partout la volatilité.

2. Les directions possibles et celles à privilégier.

D’abord sur le plan du principe, on est entré dans un monde où doit s’appliquer à fond un concept clé de l’IE : la coopétition, c’est-à-dire à la fois la compétition et la coopération. Il faut bien distinguer l’immédiat, le court terme et le moyen-long terme. La confusion serait fatale. Sur l’immédiat, il faut traiter les grands malades que sont les banques, par des garanties, des apports de capitaux, des prêts… et en y instaurant une gouvernance surveillée par les prêteurs publics.
A court terme, on sait quand même à peu près ce qu’il faut faire : rendre confiance dans le capitalisme, par quelques mesures chocs, notamment sur les revenus des dirigeants des entreprises ; interdire certaines pratiques au moins pendant un temps, puis les limiter, revoir certaines des normes comptables , les statuts des agences de notation et le rôle des auditeurs…Il faut aussi renforcer la capacité de prêt du FMI. Compte tenu de la situation de l’ONU, tout cela ne peut se faire aujourd’hui au plan mondial que par un regroupement d’Etats volontaristes : le G20. Les Etats du G20 disposent de tous les outils nécessaires, la légitimité et responsabilité sont entre leurs mains et c’est celle d’une coopération immédiate et d’un courage face aux forces non étatiques.
Mais la question est encore beaucoup plus difficile sur le long terme.
Sur la forme, il n’y a que la voie d’un multilatéralisme raisonné et réellement partenarial qui permettra de résoudre ces questions globales de la planète, mais elle sera longue. Les idées sont très nombreuses : créer un Conseil de sécurité économique au sein de l’ONU, organiser la gestion des affaires par des organisations spécialisées, par exemple une Organisation mondiale de la régulation financière, une autre pour l’environnement… Le bon niveau pour avancer est celui des associations régionales, qui d’ailleurs se multiplient et se renforcent. Il faut aussi prendre en compte les acteurs globaux, grandes entreprises mondiales, grandes associations internationales, ONG et favoriser leur représentation à côté des Etats.
Les questions seront encore plus dures à régler sur le fond. Parce qu’on n’est pas d’accord philosophiquement sur la manière de gérer le monde. Cela va des principes de gestion aux valeurs mêmes. Un débat sur les valeurs est indispensable. Comme le dit Pascal Lamy, il faut faire émerger des préférences collectives mondiales. Il faut réinventer une théorie d’économie politique sur la répartition entre public et privé au niveau mondial. Dans cette recherche, l’Europe et en particulier la France si elle sait être influente est particulièrement bien placée pour proposer des schémas de fonctionnement publics-privés qui ont fait leurs preuves. Il faut trouver des manières de concilier des visions du monde radicalement différentes. Il faudra faire très attention au rôle des mots et de leur poids sur l’opinion publique : par exemple le mot transparence : utilisé partout pour justifier toutes sortes de règles. On aura bien besoin de philosophes pour épauler les politiques et les économistes. Il faut favoriser les réflexions multiculturelles comme source d’idées.

Conclusion

On est entré dans une ère de grandes turbulences. Elles ne pourront se résoudre que par une pensée nouvelle, l’innovation ne doit pas toucher que le progrès technique mais aussi la pensée politique. Au plan économique, l’entrepreneur est celui qui sait rompre avec la routine, disait Schumpeter. Il faut faire la même chose au plan politique, penser différemment, avec courage, responsabilité et sens du long terme. C’est en principe le rôle des gens qu’on élit. Le Président Obama qui n’était encore que président élu a dit en novembre dernier : the old ways of thinking just won’t do… Le problème essentiel pour gérer cette crise sera celui de la qualité des élites.

Claude Revel
Professeur affiliée au CERAM, Responsable Scientifique du MS MSIC, Conseil international, Conseillère du Commerce extérieur de la France, auteur de nombreux ouvrages dont « La gouvernance mondiale a commencé » (2006, Ellipses).

Infos du 23/03/09 …

Lundi 23 mars 2009
La traque des ravisseurs d’Elise se poursuit :
http://www.leparisien.fr/faits-divers/la-traque-des-ravisseurs-d-elise-se-poursuit-21-03-2009-450011.php
Autres liens :
http://www.lagazettedemontpellier.fr/actualite/Enlevement-d-Elise-:-la-ravisseuse-en-gare-de-Montpellier-577.html
Ou :
http://www.lepost.fr/article/2009/03/21/1465656_enlevement-d-elise-elle-ne-disait-rien-elle-ne-se-debattait-pas-elle-ne-criait-pas.html
Suppression du juge d’instruction: des Etats généraux de la justice à Paris :
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5h8cBE-pYmIeJwKnrBT6y5tn6Tf5g
Renseignement intérieur : l’organigramme « secret-défense » est sur Wikipédia
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/03/13/renseignement-interieur-l-organigramme-secret-defense-est-sur-wikipedia_1167577_0.html?xtref=http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/03/13/renseignement-interieur-l-organigramme-secret-defense-est-sur-wikipedia_1167577_0.html
La vie privée, un problème de vieux ?
http://www.internetactu.net/2009/03/12/la-vie-privee-un-probleme-de-vieux-cons/
Bases de données – un policier puni pour avoir détourné un fichier :
http://tf1.lci.fr/infos/france/faits-divers/0,,4311980,00-un-policier-puni-pour-avoir-detourne-un-fichier-.html
Dans les call centers, la vie privée des clients sur la place publique :
http://ecrans.fr/Dans-les-call-centers-la-vie,6672.html
Système Herisson : la France se pique au réseau Echelon
http://www.pcinpact.com/actu/news/49822-systeme-herisson-surveillance-dga-echelon.htm
Polémique autour des petits excès de vitesse :
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/03/18/01016-20090318ARTFIG00077-polemique-autour-des-petits-exces-de-vitesse-.php
Vers un assouplissement du permis à points ? :
http://www.autojournal.fr/Site/Actus/Vers-un-assouplissement-du-permis-a-points-65057
Alcool au volant : les conditions de contrôle
http://news.caradisiac.com/Alcool-au-volant-Maitre-Dufour-consultant-Caradisiac-evoque-les-conditions-de-controle-541
Univers virtuels : le renseignement américain abaisse le niveau d’alerte

http://playtime.blog.lemonde.fr/2009/03/16/univers-virtuels-le-renseignement-americain-abaisse-le-niveau-dalerte/